Compte rendu de la réunion du groupe MPR nord-francilien 15 septembre 2007 Hôpital Avicenne
(voir documents web à la fin)

Vincent Leroux, médecin de santé publique, est venu échanger avec le groupe sur le thème de la vulnérabilité à la T2A. Dans un style décoiffant et fort stimulant il interroge nos incertitudes face aux nouveaux modes de financement des établissements.

Si nous savions bien la difficulté pour notre spécialité de décrire ses processus spécialisés et spécifiques, il décrit d'une façon très convaincante le risque majeur de ne pas parvenir suffisamment vite à les valoriser, à l'instar d'autres spécialités déjà engagées dans cette démarche en ordre de bataille.

Pour cela le diagnostic est clair, il faut unir les compétences et travailler, nul d'entre nous si brillant soit-il ne peut embrasser seul la complexité du problème et négocier au ministère ou avec les tutelles. Les expertises, universitaires ou non, publiques, PSPH, privées, en établissement ou libérales doivent parvenir à une synergie rapide dans un domaine où elles répugnent encore trop souvent à collaborer.

Un effet agora, le partage d'informations, une plus forte collaboration entre organisations nationales, régionales ou thématiques de notre spécialité doivent être boostés. Les modes de résolution de problèmes en petits groupes d'initiés ne diffusant pas suffisamment vite l'information ont montré leurs limites. Il est impératif d'élever le niveau général de formation en management médical de l'ensemble des responsables d'unités cliniques et de structures, voire de tous les jeunes collègues. Il faut enfin créer un réseau plus ouvert de compétences en utilisant aux mieux les "marginaux sécants", aptes à apporter les rationalités d’autres spécialités, disciplines ou métiers. Continuer à ignorer superbement le moteur condamnera inéluctablement à la mort le véhicule que nous voulons mener au service médical rendu.

Ainsi, bien que très impliqués dans ces questions pour la plupart des membres du groupe, nous devons bien reconnaître notre difficulté à répondre aux questions dérangeantes relatives aux démarches engagées par nos représentants. Qui fait quoi à ce sujet à la SOFMER, au SYFMER au COFEMER? Qui travaille sur quoi? Comment nos représentants sont-ils impliqués dans les groupes de travail et surtout à quel niveau de la pyramide? Comment résister aux lobbys, aux rationalités propres des fédérations? La mention d'un nom en face d'une mission sur les sites nationaux est-elle suffisante? Où en est-on sur les médicaments coûteux, les actes (certes il y a le site du SYFMER), le financement des plateaux techniques, les MIGAC, MERRI? Qui sait quoi sur les futurs indicateurs de performance qui se préparent, à part le taux brut d'amélioration fonctionnelle de l'AP-HP diffusé uniquement en intranet? Nous en savons vaguement quelque chose par nos réseaux informels, les informations que nous glanons ça et là et les websurfers. Nos processus experts, nos bonnes pratiques, nos EPP sont-ils échangés, médiatisés, explosent-ils à l'attention du "google searcher"?

Le PMSI, avec ses effets Pygmalion ou "pont de la rivière Kwaï", et son aboutissement la T2A, conduisent-il à des souricières cognitives et financières pour notre spécialité? Il appartient à la spécialité de développer des propositions de modifications explicatives de certains séjours qui seront suffisamment crédibles. Dans ce domaine, outre les aspects techniques "pris en charge" par certains de nos représentants sur un mode pour le moins confidentiel (par exemple, qui exactement en Ile-de-France? en province?), le combat pour la prise en compte de la complexité bio-psycho-sociale doit être une priorité absolue et tout particulièrement par ceux qui travaillent en zone de précarité-fragilité. Le temps n'est plus aux jérémiades face aux tuyaux d'orgue / millefeuille de l'organisation socio-sanitaire ni à la stratégie de forteresse assiégée et de contrôle de l'information des stars. Le temps est venu de l'action coordonnée d'acteurs éclairés. Forts d'une nouvelle doctrine synthétisant les divers courants idéologiques (non, je ne parle pas du parti socialiste) il faudra aussi savoir s'imposer comme cliniciens aux divers groupes de travail de la pyramide tutellaire pour éviter les décisions absurdes.

Mais au delà de la MPR, n'est-ce pas la notion même de processus cliniques qui serait un impensé de l'ancienne et de la nouvelle gouvernance?
Et faut-il espérer que l'ingénierie des sytèmes d'information les redécouvrent par l'approche-processus (la vraie pas celle de la certification)?

Décoiffant mais salutaire!


Documents utiles et évoqués: Vulnérabilité à la T2A , contexte 10ème séminaire de l'Etude Nationale des Coûts

Voir absolument Comité T2A SSR du 9 mars 2007 et
Vers un modèle de financement à l’activité pour le champ du SSR Mission rarification à l'activité 12/06/2007

Préparation de la version 11 des GHM

L'hôpital réinventé: Institut Montaigne et Hôpital le modèle invisible
notons au passage l'expression soins de réhabilitation...

Médicaments coûteux en SSR, financement toxine botulique en HDJ, 3 actes MPR tarifés CCAM

07 septembre 2007
SSR : le CNOSS vote les projets de décret relatifs aux activités de soins en SSR
, Les textes et le schéma de la FHF (juillet 2007)

Circulaire DHOS/F1/2007/252 du 21 juin 2007 relative au guide de retraitement comptable des établissements de santé antérieurement sous dotation globale: dans la page gestion du site de la FHF: http://www.fhf.fr/dossiers/dossiers.php?p=2
regardez absolument les activités SSR page 6 et MPR (ou SSR 2) page 11

Du PMSI à la T2A les enjeux du codage (CME de l'AP-HP) pour la "place" de la MPR en court séjour voir diapo 18: ébauche de grille de dépistage précoce de lz complexité bio-psycho-sociale qui ne prend pas en compte la perte d'autonomie, faute de mesure: effet lampadaire.

Audition Mission d’Evaluation et de Contrôledes Lois de Financement de la Sécurité Sociale.
Jeudi 18 mai 2006 11h 30 à 12h 30.

Arrêté du 22 novembre 2006 relatif au recueil et au traitement des données d’activité médicale des établissements de santé publics ou privés ayant une activité en soins de suite ou de réadaptation et à la transmission d’informations issues de ce traitement dans les conditions définies aux articles L. 6113-7 et L. 6113-8 du code de la santé publique